LES MYTHES

On entend beaucoup de choses sur le Tramway à Québec. Nous tentons, sur cette page, de démystifier certaines inquiétudes et réticences face au Tramway.

 

Il fait trop froid à Québec!
Québec, s’pas assez gros !
Le Tramway, c’est juste bon pour le centre-ville
Il y a trop de côtes à Québec!
Le Tramway, c’est un luxe!
Il y a plus d’accidents avec le Tramway
Le Tramway va enlaidir la ville avec ses fils et ses rails
Les autobus sont mieux pour Québec!
Encore une autre étude sur le Tramway!

 

Il fait trop froid à Québec!

Fait-il trop froid à Québec pour que le Tramway puisse être fonctionnel 12 mois par année ? Il est vrai que le climat est rude et qu’il y a d’importantes chutes de neige. Cependant, ce climat, aussi hostile qu’il puisse être, n’affecte pas la performance du Tramway. Beau temps, mauvais temps, les nouvelles technologies du Tramway lui permettent d’être efficace. On est loin des « p’tits chars » qui affrontaient notre hiver par le passé.

Il faut se rappeler que le Tramway existait il y a 50 ans à Québec. Déjà à cette époque, il fonctionnait l’hiver et partout les «p’tits chars» se débrouillaient. À ce que nous sachions, le climat de Québec ne s’est pas refroidi depuis ce temps-là. Pourquoi, si le Tramway pouvait rouler il y a un demi-siècle, il ne fonctionnerait pas aujourd’hui ?

Les innovations technologiques ont permis d’optimiser le fonctionnement du Tramway en hiver. Des archets (qui alimentent le Tramway en électricité) prévus à cet effet peuvent maintenant enlever le verglas sur les fils électriques. Aussi, les Tramways développés par Bombardier sont capables de déneiger leurs rails avec une efficacité surprenante. Ils peuvent enlever jusqu’à 20 cm de neige par heure. Aucun autre véhicule urbain ne peut en faire autant. S’il y a de telles précipitations à Québec, le Tramway risque d’être le seul moyen de transport encore fonctionnel. Si vous voulez vous en convaincre, cliquez ici.

Une image vaut mille mots :

Québec, c’pas assez gros !

Comment le Tramway pourrait-il s’implanter dans une ville aussi petite que Québec ? Ne faut-il pas une densité de population beaucoup plus importante pour qu’un tel moyen de transport collectif soit utile ? Québec, c’est bien connu, est une ville avec un étalement urbain marqué. Faut-il en déduire que le Tramway n’est pas fait pour notre ville ? La réalité en est tout autre.

La ville de Québec, avec les 534 751 habitants de son agglomération, a suffisamment de population pour implanter un Tramway avec succès. Bordeaux, en France, qui est jumelée à Québec, a une population de 620 000 habitants et est aussi passablement étalée. La réussite de leur Tramway est la preuve que la ville de Québec peut soutenir un Tramway sans problème. En fait, Québec est plus peuplée et possède une densité comparable à des villes où fonctionne déjà le Tramway.

Population de villes françaises ayant implanté le Tramway

Ville

Population (habitants)

Communauté urbaine (habitants)

Orléans

113 126

274 152

Le Mans

144 500

188 294

Angers

152 700

283 000

Grenoble

158 000

396 782

Québec

492 000

653 844

Bordeaux

230 000

660 091

Montpellier

244 500

376 349

Strasbourg

272 700

452 609

Lyon

470 000

1 367 349

(Sources : communautés urbaines des villes mentionnées entre 2003-2007)

En comparant les corridors des Tramways (à 500 mètres du tracé du Tramway), on constate que le tracé de Québec possède une densité comparable et même un peu supérieure à plusieurs villes qui ont implanté avec succès le Tramway. Ainsi, un corridor où résident 125 000 personnes et où 100 000 personnes travaillent est plus que suffisant pour assurer la viabilité d’un Tramway à Québec.

Densité de la population et des emplois

Ville

Population

Emplois

Population + emplois

Québec

4600 hab./km2

4 900 emplois/km2

9 500/km2

Moyenne de 6 villes ayant déjà un Tramway (Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montpellier, Orléans, Strasbourg)

5 600 hab./km2

3 700 emplois/km2

9 300/km2

(Source RTC, 2002)

Québec est une capitale qui a ce qu’il faut pour recevoir le Tramway. Elle a toutes les caractéristiques propres aux villes qui l’ont implanté avec succès.

Le Tramway, c’est juste bon pour le centre-ville!

Le plus intéressant du projet de Tramway, c’est qu’il permet aux résidants des banlieues de conjuguer le meilleur des deux mondes. Le Tramway, selon le tracé actuel, remplacerait les Métrobus. Grâce aux économies d’utilisation et de personnel, le RTC prévoit utiliser 50 % des autobus présentement sur les lignes Métrobus pour améliorer le réseau. Ainsi, les banlieues seraient mieux desservies par le réseau d’autobus et celui-ci serait canalisé vers le Tramway. Le système de transport collectif à Québec sera alors plus rapide et plus efficace. Il sera possible de se rendre au centre-ville plus rapidement en transport collectif et sans avoir à chercher de stationnement, ni à nourrir les parcomètres.

Il y a trop de côtes à Québec!

Les pentes à monter entre la Basse-Ville et la Haute-Ville peuvent être impressionnantes, surtout à pied ou à vélo. On peut alors se poser la question : est-ce que le Tramway peut fonctionner à Québec ? Est-il possible que notre géographie nous condamne à ne pouvoir construire de Tramway ?

En fait, les Tramways modernes peuvent monter et descendre des pentes avec des dénivellations de 8 %. La majorité des côtes de Québec ont moins de 8 %, donc, pas de problème à les gravir! La côte d’Abraham, qui est la pente la plus importante sur le trajet anticipé du Tramway, a une dénivellation de moins de 8 %, ce qui permet au Tramway de s’y déplacer. Ainsi, la ville de Québec n’a pas une géographie incompatible avec la construction d’un Tramway. Et il ne faut pas oublier que l’ancien Tramway de Québec assurait déjà le lien Haute-Ville et Basse-Ville!

Le Tramway, c’est un luxe!

Certaines personnes prétendent que le Tramway est un luxe pour Québec, que c’est trop cher.

En fait, le Tramway est loin d’être un trip d’urbaniste écolo. C’est bien sûr un atout inestimable pour la qualité de vie des citoyens, mais surtout un projet nécessaire à la vitalité et à la durabilité du développement de Québec. En matière de gestion des ressources et de dépenses en infrastructures, de lutte aux changements climatiques et pour soutenir le dynamisme de la ville, le luxe serait de passer à côté d’une telle opportunité.

Grâce à son caractère structurant, le Tramway est un moyen de contrer l’étalement urbain et de rationaliser le coût des infrastructures, qui coûtent très cher aux contribuables. L’implantation de lignes de Tramway permet de consolider, de revitaliser et de densifier plusieurs fonctions urbaines qui, lorsqu’elles sont dispersées sur le territoire, représentent d’importantes dépenses au niveau des déplacements et des infrastructures.

En fait, le Tramway permet d’économiser sur les infrastructures puisqu’il peut déplacer plus de gens que le réseau routier traditionnel (5 000 personnes /heure par direction versus 1 200 personne /heure par direction pour un boulevard urbain).

Pour transporter autant de personnes que le Tramway, il faut aménager un boulevard large de 8 voies au total!

Pour répondre à la demande toujours croissante en déplacements, qu’est-ce qui est le plus rationnel : investir dans le transport en commun par le Tramway, ou poursuivre les dépenses en infrastructures routières au bout du compte plus coûteuses en argent et en espace ?

Grâce au Tramway, c’est toute la collectivité qui économise en évitant la construction de nouvelles routes et leur entretien.

La question se pose également au niveau environnemental : pouvons-nous nous payer le luxe de laisser les changements climatiques bouleverser nos vies ? Les coûts qu’ils engendrent sont majeurs.

« Le réchauffement climatique pourrait coûter à l’économie mondiale jusqu’à 7 500 milliards de dollars (US$) si les gouvernements ne prennent pas des mesures radicales au cours des 10 prochaines années ». (Sir Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale)

Prendre ses responsabilités en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et agir pour le long terme n’est pas un luxe.

Pour ce qui est de l’image de la ville de Québec, le Tramway permettrait de donner un signal fort de dynamisme et de compétitivité, dont la ville a bien besoin. L’image positive du Tramway rejaillit sur les entreprises locales et augmente l’attractivité de la région. Il est tout à fait lucide d’affirmer qu’une ville comme Québec a besoin d’attraits majeurs comme le Tramway pour non seulement attirer les entreprises étrangères et les investissements, mais également pour retenir les jeunes qui déplorent la stagnation de plusieurs projets à Québec.

Ainsi, le luxe n’est pas de construire un Tramway à Québec mais bien de ne pas le faire. Un luxe que se paient nos élus pour ne pas faire les frais d’une décision nécessaire mais politiquement difficile à prendre.

Investir dans un réseau de Tramway pour Québec n’est pas déraisonnable : des centaines de villes à travers le monde ont adopté cette technologie comme outil de développement urbain et économique. Les résultats sont probants : augmentation significative de l’achalandage du transport en commun et amélioration de la santé économique générale de la ville. En adoptant le Tramway, Québec ne se lance pas dans le vide, elle s’appuie sur l’expérience de villes qui ont goûté aux effets positifs du Tramway.

Il y a plus d’accidents avec le Tramway

La sécurité routière n’est pas une chose à prendre à la légère. En fait, il s’agit d’un aspect très important pour tous les usagers de la route. Que l’on soit à pied, à vélo ou en voiture, il est possible d’avoir des accidents. En 2006, 717 personnes sont mortes dans des accidents de la route et 49 726 ont été blessées au Québec. Certaines personnes croient à tort que le Tramway va augmenter le nombre d’accidents sur les routes de Québec.

L’expérience des villes qui ont implanté le Tramway est significative : le Tramway diminue le nombre d’accident. Simplement en comparant l’autobus et le Tramway, on remarque que le Tramway est beaucoup plus sécuritaire. À San Diego, le taux d’accident par km/passager du Tramway est de 1 pour 10 comparé à l’autobus (soulignons que le taux d’accident est déjà bien plus faible en autobus qu’en voiture).

Les accidents entre les automobiles et le Tramway sont peu fréquents. Les voies réservées au Tramway limitent grandement le chevauchement entre les deux moyens de transport. Ainsi, il a été noté à Nantes que la mise en place du Tramway a fait diminuer de 9 % le nombre d’accidents reliés aux transports.

Il fut un temps où les roues de vélos pouvaient se coincer dans les rails du Tramway et causer des accidents. Ceci est histoire du passé. En effet, par l’insertion d’une bande caoutchoutée dans la gorge (l’espace dans le rail pour permettre à la roue du Tramway de circuler), il est possible d’éliminer presque entièrement les accidents de ce genre.

Les piétons sont aussi plus en sécurité avec le Tramway qu’avec l’automobile. La vitesse moyenne du Tramway permet aux piétons de bien le voir arriver. Il est assez difficile de manquer le Tramway lorsqu’il circule, ce n’est pas une petite voiture compacte qui roule à 100 km/h. De plus, la capacité de freinage du Tramway lui permet d’éviter la majorité des accidents. Le Tramway est donc sécuritaire pour l’ensemble des utilisateurs du réseau routier.

Le Tramway va enlaidir la ville avec ses fils et ses rails

Plusieurs semblent croire que le Tramway défigure la ville. On pense tout de suite aux fils électriques et aux rails. Il est facile de se représenter une toile de fils qui viendrait assombrir les rues de Québec ainsi que des rails plantés là dans le bitume. Pourtant, le Tramway est loin d’enlaidir la ville.

La technologie a évolué depuis les dernières décennies et le Tramway ne nuit pas au paysage urbain, bien au contraire. Auparavant, il y avait deux fils d’alimentation pour chaque voie de Tramway. Désormais, il n’y a qu’un fil d’alimentation pour faire fonctionner le Tramway. Celui-ci se perd assez facilement dans le paysage.

Il n’y a pas de saillies des rails hors de la voie avec le Tramway moderne. Ce sont les roues du Tramway qui s’enfoncent dans la route puisque les rails y sont cachés. Certaines villes ont même décidé d’embellir les rails de leur Tramway en y plantant du gazon. Par cette mesure, peu coûteuse, on peut conjuguer transport et aménagement paysager. La plantation d’arbres est aussi possible aux abords des lignes de Tramway. Ceci ajoute encore plus à l’esthétisme de la ville, sans compter l’effet de revitalisation sur les quartiers traversés par le Tramway.

Les autobus sont mieux pour Québec!

La question est pertinente ; pourquoi construire à grands frais une ligne de Tramway pendant des années alors que nous pouvons acheter plus d’autobus ? Québec pourrait se contenter d’une flotte d’autobus améliorée, affirment certains détracteurs du projet. En fait, le Tramway est un bien meilleur choix d’investissement que l’autobus, notamment en termes de capacité, de services et d’attractivité.

Force est de constater que les Métrobus ont presque déjà atteint leur limite de capacité. Avec la hausse d’achalandage croissante du transport en commun, il faut prévoir un mode de transport pouvant répondre à la demande actuelle, mais également celle à plus long terme. Le Tramway double la capacité de l’autobus : au lieu des 2 400 usagers par heure, on passe à 5 000 dans le même laps de temps. Pour obtenir le même volume d’usagers, il faut que les autobus passe à toutes les 2 minutes. Il est facile de comprendre que ça serait très coûteux, très polluant et augmenterait considérablement la congestion routière. Même avec des autobus articulés, le Tramway demeure supérieur au niveau de la capacité et de l’efficacité.

Si on fait le parallèle avec le réseau routier, disons que l’autobus traditionnel se compare à une rue, l’autobus articulé à une artère, et le Tramway à une autoroute!

Le Tramway, dans le corridor Métrobus, c’est une amélioration claire et nette du service. Le Tramway est en effet plus rapide. On estime que le Tramway sera 16 % plus rapide que l’autobus sur la ligne la plus fréquentée du RTC (il permet de gagner 8 minutes d’un terminus à l’autre). De plus, le confort du Tramway est nettement supérieur à celui de l’autobus. Climatisé, spacieux et silencieux, le Tramway a plusieurs atouts que l’autobus ne possède pas. Le fait de se déplacer sur des rails lui confère plus de stabilité en plus d’avoir des accélérations plus en douceur. Pour les usagers du transport collectif, il s’agit d’un très net progrès dans le service fourni par le RTC.

De plus, avec le Tramway, la desserte sur les autres lignes du RTC va être bonifiée et de nouvelles lignes vont être créées grâce au rabattement des autobus. Et puis l’autobus n’a pas d’effet structurant sur le réseau de transport collectif comme le Tramway. Ainsi, ce n’est pas uniquement les parcours de Métrobus qui deviennent plus performants, mais l’ensemble du réseau.

C’est par son attractivité que le Tramway surpasse le plus clairement l’autobus. Selon pratiquement toutes les expériences d’implantation de Tramway, les hausses d’achalandage sont en effet impressionnantes. À Québec, le RTC prévoit une augmentation de 40 % de l’achalandage dans les axes du Tramway et de 16 % de l’achalandage total de son réseau. De telles augmentations ne pourraient pas être réalisées en améliorant le service offert par les autobus. En effet, les avantages du Tramway attirent une toute nouvelle clientèle, a priori réfractaire au transport en commun.

Le Tramway permet en fait de renouveler l’image du transport collectif, ce que l’autobus ne pourra jamais réaliser malgré toutes les améliorations que l’on pourrait y apporter. Augmenter la part des déplacements collectifs est incontestablement bénéfique pour la collectivité, et un objectif clair des gouvernements. Le Tramway est le seul véhicule pouvant créer et répondre à une augmentation aussi considérable de la demande en transport collectif.

Investir dans le Tramway plutôt que dans les autobus, c’est investir dans l’avenir du transport collectif et améliorer les déplacements à court et à long terme.

Encore une autre étude sur le Tramway!

Depuis les années 70, les études qui recommandent la construction d’un Tramway à Québec s’accumulent. Il faut savoir que dès 1968, un transport en commun sur rail a été envisagé par la Commission d’aménagement de Québec. Ensuite, les rapports qui ont suivi faisaient la même recommandation. Ainsi, en 1972 (rapport N.D. Lea), 1980 (rapport Dubé), 1981 (rapport Transurb-Polygec) et 1990 (rapport Lavalin), on mentionnait le Tramway comme transport adapté pour Québec. Le rapport de 1990 (Lavalin) concluait aussi que le Tramway était le meilleur système pour accroître l’usage du réseau de transport en commun. En 2003, l’étude d’opportunité et de faisabilité remise au RTC concluait que le Tramway était un projet réalisable et bénéfique pour Québec. Pourquoi alors le RTC demande une étude d’avant-projet avant la construction du Tramway?

Dans la réalisation de travaux publics, il y a trois étapes à respecter avant que le projet devienne réalité.

Premièrement, une étude d’opportunité et de faisabilité évalue si le projet soumis vaut la peine d’être fait. Elle dresse les grandes lignes du projet. Cette étape a été franchie pour Québec en 2003.

Deuxièmement, une étude d’avant-projet fixe les grands choix stratégiques du projet. Le tracé, les stations retenues, le type de matériel sont déterminés à cette étape. C’est aussi à la fin de cette étape que l’on fixe le budget pour la réalisation du projet. Le RTC est en attente de financement pour cette étape.

Troisièmement, les plans et devis déterminent l’ensemble des détails du projet. De la hauteur des rames au revêtement de la chaussée en passant par le design du Tramway, tout est déterminé dans les plans et devis. Le constructeur est choisi et il fait partie intégrante de cette étape de la réalisation du projet.

Lorsque ces étapes sont franchies, il ne reste plus qu’à construire le Tramway et ultimement à le mettre en fonction.